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Simple Query: code

On-line version: http://www.constantvzw.com/modestwitness1/sqfr.html

Au cœur de la manipulation génétique, il y a l’idée de code. Sous toute image digitale, il y a un code. Dans la procédure juridique qui régit le droit sur l’image ou la patente sur l’invention, il y a encore un code. Le code pénal, le code génétique et le code digital se répondent, se contredisent, s’entrecroisent et se superposent. Mais plus généralement encore, on parle de code pour le comportement, on parle des codes de l’art contemporain ou du codage des différences sexuelles. Ce mot sert à décrire des choses très différentes. Mais il pointe dans tous les domaines où il apparaît une crainte de l’homogénéisation, du déterminisme sans réplique et d’une éradication de la différence.
Probablement que si le code nous rend si mal a l’aise, c’est qu’il a des effets de plus en plus visibles/incontournables sur notre corps. Tant au niveau de sa représentation que de sa constitution ou de son statut légal. La manipulation génétique affecte le corps dans sa constitution, dans son patrimoine héréditaire. On prend un tissu malade, on en extrait le gène qui disfonctionne, qu’on manipule, introduit dans un œuf; on le duplique, le développe en tissu et réimplante dans l’organisme original qui l intègre sans le considérer comme une agression, comme un agent extérieur. Elle rend le corps réplicable et bouscule toute définition de l’identité. La procédure juridique permet aux USA aux entreprises de briguer le statut de corporation. Une corporation jouit des mêmes droits qu’un individu. Plus besoin de corps selon le code légal pour être " corporated ", pour être une personne. Dans ces deux exemples, un code n’est pas assimilable à l’autre. Le codage génétique fonctionne dans des conditions fort différentes de celles requises pour établir les statuts d’une société. Mais ces extrémités de la notion de code sont présentes dans le même monde et à la même époque.
Comment donc les penser simultanément sans les réduire les unes aux autres?

Le rêve formaliste du code

" L’idée de machine cybernétique s’est glissée dans le sillage de la biologie moléculaire pour devenir en fait l’armature de la nouvelle conception de la vie. La biologie moléculaire s’est emparée du modèle organisationnel de la machine cybernétique pour inscrire les processus chimiques qu’elle mettait à jour. Certes, elle manipulait les notions cybernétiques comme des outils pour envisager les molécules, et non les molécules pour envisager l’organisation. L’idée de machine n’était à ses yeux que la doublure du nouvel habit moléculaire de la vie. En fait, elle en était devenue le patron. "

Morin La Méthode, tome1, La Nature de la Nature, éd.du Seuil 1977

" Tel est, sans doute, le rôle essentiel de l’ordre juridique : plus importante que sa fonction coactive (interdire-punir), à laquelle on le réduit souvent, ou que sa fonction régulative-gestionnaire à laquelle on l’assimile volontiers aujourd’hui, c’est cette fonction de nomination qui fait le propre du droit. Nomination qui est en même temps normalisation et institution, au sens où, réellement ici, " dire, c’est faire ". Le droit identifie les personnes et les choses; littéralement, il les fait venir à l’existence juridique, comme cela apparaît clairement dans le cas de la personnification de la personne morale. "

François HOST et Michel VANDEKERCHOVE, Science et Droit : Les Paradoxes de la Création, in Profils de la Création (c) 1997-Facultés universitaires Saint Louis, Bruxelles

Dans une cérémonie de mariage, le fait de prononcer le mot " oui " revient pour les contractants à poser un acte. Parce que leur comportement est intégré dans une situation régie par un code, la parole qu’ils prononcent est " actée ".
Lorsque mon ordinateur reçoit un script java, que l’image commence à s’animer, que les mouvements de ma souris déclenchent de nouvelles actions, il obéit à des injonctions qu’un autre ordinateur lui a envoyées. Aussitôt qu’il a lu/copié le script, il l’exécute. Dans le contexte de l’informatique comme dans le monde juridique, le code est un type de langage qui, à l’extrême, assimile chez l’émetteur dire et faire et chez le récepteur lire/copier et exécuter.
La compréhension du code sous cette forme nous mène droit à la paranoïa, à la crainte d’un discours totalitaire qui va tout infiltrer. Cette paranoia peut s’inverser car tout émetteur peut devenir récepteur et vice-versa. Cette version du code nourrit donc deux cauchemars : l’ordre total et le désordre infini. D’une certaine manière, c’est l’ultime avatar du formalisme.
La notion contemporaine du code rêve de combler l’écart interprétatif entre la forme et le contenu. Et la machine cybernétique par son branchement direct dans la compréhension du patrimoine génétique laisse croire qu’aucun bruit ne peut plus interférer entre la machine et le vivant. Qu’il y a du continu, du fiable, du calculable, tout le long et que l’on peut éliminer tout parasitage, toute mutation non-désirée. Mais qui décide que telle mutation n’est pas désirée, qui décide de la validité du code social que la machine cybernétique répercute?
C’est la machine sociale.

"(...)Les machines artificielles ont certes pu développer de la générativité énergétique, de la compétence informationnelle, de l’autonomie organisationnelle. Mais elles n’ont pu vraiment développer de la générativité organisationnelle. Elles n’ont pu vraiment développer que de l’organisation phénoménale, qui produit des produits, mais non pas de l’organisation générative, qui produit ses moyens de production, et se produit soi-même.
Cela signifie surtout que notre intelligence, si capable dans l’organisation du pouvoir, de la manipulation, de l’asservissement est incapable de créer ce qui crée, de générer ce qui génère, de concevoir ce qui conçoit. (...) nos machines ne doivent pas être considérées vraiment comme des machines, mais comme des fragments de prothèses dans la méga-machine sociale
."

Morin La Méthode, tome1, La Nature de la Nature, éd.du Seuil 1977

C’est la machine sociale qui s’applique des prothèses qui prolongent ses codes culturels, législatifs, ses conventions de calcul. Et ces codes sont transformés en retour par l’application de la prothèse technoscientifique. La machine sociale et ses prothèses se définissent mutuellement. Les endroits où s’appliquent les prothèses sont des zones stratégiques où se condensent les
interrogations fondamentales et d’où émergent les mutations les plus significatives. Des artistes, des théoriciens, des scientifiques ont choisi de situer leur intervention sur ce terrain.

Luc Steels, the Talking Heads Experiment

(Les Talking Heads sont des agents-robots qui fonctionnent sur un ordinateur et qui voient le monde à travers des caméras digitales. Ils se livrent à des jeux de devinettes. A la suite d’essais et erreurs, ces robots construisent un lexique commun pour désigner des objets.)

http://talking-heads.csl.sony.fr/InfoIndex.html

Le projet présenté par Steels évolue sur deux niveaux : le niveau technologique et le niveau de réflexion fondamentale sur l’apprentissage et la construction du langage. Selon Steels, les ordinateurs de demain, ainsi que les objets auront une possibilité de langage. Pour qu’ils comprennent notre langage, il faudra leur apprendre à parler notre langue. Pour qu’ils nous parlent, il faut que nous leur parlions. Cela signifie aussi que nous allons assister à l’apprentissage d’un langage chez les machines. Cela nous permettra de verifier certaines hypothèses sur la naissance du langage humain car nous avons l’occasion de voir sous nos yeux le langage " naître " dans un univers de machines. L’intelligence artificielle présente selon lui un double intérêt : apprendre à dialoguer avec les machines et servir de miroir à nos étapes antérieures de développement intellectuel. C’est un intérêt qui se porte vers l’avant : l’intelligence artificielle permet de créer des nouveaux outils de communication; et un intérêt rétrospectif : le développement de ces nouveaux outils nous permet de comprendre comment le sens s’est attaché aux mots, dans le langage humain.

"Now, for the first time in history, robots are creating their own language… and you can be part of it."

Et de cette expérience émerge une démonstration : les mots sélectionnés selon leur capacité effective évoluent perpétuellement. Le langage n’est pas une structure figée. Il est perpétuellement en train de s’adapter. Cette idée est sous-tendue par une autre : les mots sont en compétition pour désigner la même réalité. Durant son exposé, Luc Steels montre par des graphiques que des vagues de mots provenant d’entités géographiques éloignées se livrent des luttes pour obtenir le monopole sur une expression. Ce phénomène de concurrence s’explique finalement plus loin dans la conférence.
Voulant stimuler la participation au projet, Steels a créé un Hall of Fame dans lequel sont exposés les knowbots qui sont les plus performants. En effet, les robots ne se trouvent pas dans l’univers abstrait de l’intelligence artificielle. Les théoriciens de l’intelligence artificielle ont tendance à réduire les aspects de l’intelligence humaine à des modèles hérités de la cybernétique croisés avec des modèles qui proviennent de la psychologie cognitive. Dans un cas comme dans l’autre, l’intelligence est postulée comme formulable dans un champ abstrait éloigné de tout contexte culturel, social ou politique. Or le projet est sans cesse traversé par des influences. Voulant accrocher l’attention de ses auditeurs, Luc Steels explique que des francophones se mettent en tête d’apprendre des mots en français pour remplacer des mots parlés par les knowbots en une autre langue : lui-même emploie le terme d’offensive francophone. Ensuite, il ajoute, pour prouver l’intérêt des participants, qu’il reçoit des mails de " joueurs " qui se plaignent d’avoir subi des tricheries car leur robot est moins performant ou qu’on manœuvre pour les empêcher de gagner. Afin d’égayer un exposé qu’il craint fortement ennuyeux, Luc Steels prodigue un grand nombre de ce type d’anecdotes. Sans malheureusement en relever les aspects les plus significatifs. En effet, le modèle d’apprentissage du langage est conditionné dans son procédé par le contexte de la compétition. Finalement, loin de nous montrer comment un langage se développe, son installation exprime de manière symptomatique comment le langage des machines se trouve pris dans des structures d’apprentissage qui sont celles de la compétition plutôt que du dialogue. Il ne remarque pas suffisamment qu’un des présupposés de départ n’est pas de valoriser des ensembles, des groupes qui arriveraient à parler entre eux, mais des individus dont les mots ont un plus grand nombre de désignations compréhensibles.

Et que signifie compréhensibles lorsqu’un terme peut être éliminé par une sorte de duel répété? Quels outils d’analyse permettent de distinguer le mot imposé par duel de celui énoncé dans le souhait de désigner dans la langue de l’autre?

"If you get bored of waiting for evolution to do its work, why not do something to speed the process up? Take one of your agents that knows the ‘right’ meaning of the word, and send it to a site where there are other agents that are using the ‘wrong’ meaning so that it can teach them."

Son modèle de langage est bien sûr un modèle relationnel : le sens d’un mot est accepté car il fait partie d’un réseau de relation qui permet de le comprendre. Mais la valorisation du mode d’acquisition de ce mot est celui de la réussite individuelle. Dans un reseau de relations, je dois imposer le plus grand nombre de " mes " mots en vue d’être le premier. Ce scénario bien connu est déjà lourd d’implications qui débordent de très loin la modélisation cybernétique. Si un joueur qui est parvenu à imposer un mot, le répète pour multiplier son score, c’est le scénario qui prend le pas.

"But wait… if there are enough other agents there, maybe they’ll teach your agent their meaning, and it will come back with the ‘wrong’meaning! Maybe you’d better send two agents…"

Maintenant que ce scénario se dévoile un peu mieux, on peut se demander dans quel contexte il naît. Dans l’avenir nous devrons parler aux machines pour qu’elles puissent parler notre langue. Peut-on rester à un niveau spéculatif ou y a- t- il une idée derrière la langue que devraient parler ces machines?

http://www.ekac.org/geninfo.html


Eduardo Kac [1]

http://www.ekac.org/geninfo.html

Eduardo Kac présente une suite de recodages : une phrase extraite de la Bible parlant de la supériorité de l’homme sur l’animal est recodée en morse. Ce morse est lui-même recodé en une séquence génétique qui est incorporée dans un micro-organisme. Le développement de cet organisme produit des différences électriques qui sont elles-mêmes recodées en ondes sonores. De plus une caméra retransmet simultanément sur le net et en projection murale l’évolution de l’organisme modifié.
Genesis. Au commencement était le verbe. Dans l’interview de cinq minutes que lui demande la télévision autrichienne, il est difficile de comprendre où se situe Eduardo Kac. Il déclare être le pionnier d’une nouvelle forme d’art qui ne traite plus seulement de formes de couleurs et d’espace, mais aussi de la vie elle-même : l’art transgénique. Il déclare que les artistes à venir doivent travailler de pair avec des techniciens des ingénieurs. Il n’ira pas plus loin dans son engagement verbal. Pas plus qu’il ne réagira aux questions qui lui sont directement adressées dans la mailing list du festival. Le reste est dans ce qui est montré.

Le dispositif visuel est très théâtral : salle noire, éclairages directionnels, musique d’atmosphère. La forme ovale de la projection rappelle la forme d’une planète. Un mur est couvert de paroles bibliques tracées dans une pauvre imitation de manuscrit médiéval. Toute la mise en scène va dans le sens d’une idée emphatique de la création. Cette création aurait pour origine un langage qui ne se contente plus d’intermédiaire pour façonner le monde. Le langage est dans le corps de la chose qu’il modifie. Le code en s’exprimant exprime une forme de vie. Que la relation de l’homme avec l’animal au niveau génétique soit perçue comme une hybridation possible est plutôt enthousiasmant. Mais l’idée qui s’exprime dans l’installation est plutôt limitée à une satisfaction narcissique d’être à la source d’une manipulation radicale du vivant plutôt que d’envisager une hybridation viable et anticipatrice de ce qu’un pacte nouveau entre l’homme et l’animal pourrait apporter aux différentes espèces. C’est d’ailleurs l’inverse C’est l’autorité et la domination de celui qui formule le code sur la matière qui se contente de l’exprimer qui s’impose dans ce procédé. Et la technologie s’érige alors comme symbole d’asservissement.

A cette intervention, une autre fait écho : celle de Susan Blackmore au Viper Festival.
Dans le symposium Cut+Copy, Susan Blackmore définit son objet d’études le "meme" [2] comme l’équivalent du gène au niveau du langage. A la suite de Dawkins, elle définit les gènes comme des réplicateurs. Les gènes sont en lutte pour se reproduire et celui qui survit est celui qui a pu se reproduire le mieux et le plus. C’est le darwinisme appliqué à la microstructure.
Elle exécute alors une translation vers le langage humain. Les "memes" sont des expressions des images, des slogans, des blagues qui se répètent qui se diffusent dans le langage courant. Les mails qui avertissent de la circulation de virus sont des "memes". On se les passe, les diffuse et ils font le tour d’un cercle social très large. L’air de musique qui est sur toutes les lèvres, etc.Avec les capacités de diffusion et de copie accrues que nous connaissons, les "memes" se développent de manière galopante et homogénéisent le langage. Elle conclut son énoncé en demandant au public, gravement, si nous parlons pour communiquer ou si ces "memes" parlent à travers nous pour se reproduire.
En cela, elle rejoint Luc Steels, pour qui les mots sont en compétition pour une reconnaissance binaire, et Eduardo Kac pour qui la phrase du créateur/recodeur/programmateur exprime la vie non plus au sens métaphorique, mais au sens contraignant. Exprimer signifie dans ces termes : exécuter un programme, lire/copier un code. Et non plus interpréter.

Ces exemples d’œuvres, de théories et de discours offrent une idée relativement étroite du langage. Force est de constater, pourtant, qu’elles créent autour d’elles un consensus de plus en plus large. Des travaux, déjà largement célébrés comme ceux du collectif anglais Mongrel ou plus discrets du belge Kobe Matthys ouvrent des perspectives plus fines et qui tiennent compte des enjeux raciaux ou sociaux ou politiques dans un environnement technologique. Si des installations comme celles de E. Kac, des projets comme ceux de Steels sont symptomatiques des difficultés que nous rencontrons à la jointure des codes sociaux/légaux/raciaux et du code digital, les projets de l’Agency ou de Mongrel sont, eux, productifs à partir de ces mêmes questions.

Mongrel

http://www.mongrel.org.uk/

Ce groupe a créé Natural Selection, un moteur de recherche particulier. Il contient un très grand nombre de ressources concernant les cultures immigrées, considérées dans les pays occidentaux comme minorités. Loin d’être un alignement de données sans transparence, comme le sont la plupart des moteurs de recherche celui-ci par sa spécialisation récupère les informations qui sont noyées dans le flot général qui s’adresse au modèle majoritaire. De plus, ce moteur pratique le ridicule automatique. Lorsque quelqu’un entre une insulte raciste comme ‘nigger’ou ‘monkey’, le moteur dévie la recherche vers un des sites hostés par leur serveur. Ces sites proposent des listes des noms typiques de la culture britannique qui sont issus de la culture coloniale, des catalogues d’insultes racistes entrecoupées d’images qui s’adressent au surfeur en lui clamant " you can’t get rid of me ", des jeux qui simulent le street fighting avec la police…
Ici la technologie sert à problématiser les rapports entre les codes sociaux, raciaux et le codage, la hiérarchisation des banques de données.

Kobe Matthys AGENCY  [3]

http://agencydb.grmbl.com

Lors de Laboratorium, Kobe Matthys a construit l’architecture d’une base de données qui sert à archiver, répertorier toutes les actions qui tiennent à la réappropriation dans la vie quotidienne. C’est une encyclopédie de la création par l’usage. L’enjeu d’un tel travail est d’éclairer sur le rôle actif de celui que l’on considère comme instrumentalisé : l’employé, le travailleur, ou le passant dont la silhouette hante les rues. L’appropriation a été un des thèmes récurrents du situationnisme qui voyait en elle un potentiel subversif capable de révolutionner la société du spectacle. L’optique de Re-Appropriations Databank est différente. Il n’est pas question pour Kobe Matthys de faire l’apologie d’une sorte de résistance quotidienne qui aurait des visées héroïques. Son inspiration provient plus de Michel de Certeau que de Guy Debord. Il est intéressant de comparer l’attitude morale de Mongrel, plus inscrit dans la lignée situationniste, et l’éthique d’Agency. Tous deux cherchent à montrer des aspects comportementaux ou langagiers que l’aliénation oblitère. Mais les stratégies diffèrent. Mongrel dénonce et revendique dans l’idée classique de la contestation.

Le moteur de recherche de Natural Selection dit : vous nous cachez, mais nous existons; vous revendiquez une pureté de race, mais nous faisons déjà partie de votre identité. Dans Re-Appropriations Databank, il n’est pas question de revendication ni de dénonciation. Il s’agit, par un processus le plus transparent possible, de rendre palpable un mécanisme culturel.
Et ce mécanisme, la réappropriation, vu de près révèle une complexité inattendue. Les sujets qui coopèrent au projet vivent des vies normales. Ils font fonctionner un système de travail qui les rend exécutants. Ils sont à l’échelle du comportement ce que sont les mêmes à l’échelle du langage, ils obéissent à des injonctions. Mais entre cette injonction et son exécution, il y a toutes sortes de déviations : l’imprimante qui sert à la diffusion des rapports sert aussi aux cartons d’anniversaire, etc. Obéir, se conformer, se traduit par une série impressionnante d’infimes négociations, de reterritorialisations. On est loin du modèle spectaculaire du verbe créateur qui s’applique systématiquement à travers une série de codes univoques. Il y a du bruit entre l’injonction et l’exécution, du parasitage. Mais loin de constituer une opposition à la discipline de travail, le parasitage fonctionne de pair avec la conformité. Toute la justesse du dispositif tient dans le fait que chaque réappropriation voit son caractère créatif mis en évidence, mais pas héroïsé. Nous sommes donc face à une entreprise qui permet d’apprivoiser la complexité d’une situation sans céder ni à la magnification, ni au voyeurisme.

[1ARS ELECTRONICA FESTIVAL 99
LIFESCIENCE
Linz, Austria, September 04 - 09
http://www.aec.at/lifescience

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On 24-Jun-99, Eduardo Kac wrote:
>http://news.bbc.co.uk/low/english/sci/tech/newsid_371000/371378.stm
>BBC News Online: Sci/Tech
>Thursday, June 17, 1999 Published at 11:45 GMT 12:45 UK

>First cloned human embryo revealed
On 25-Jun-99, Eduardo Kac wrote :
>SCIENCE, Volume 284, Issue 5423,
>dated Jun 25 1999
>BIOPATENTS :
>Legal Fight Over Patents on Life

Thank you Mr. Kac.
Those of us that can read, or follow the other media are aware of these things.
However, what is more important is: What is YOUR position on this as an intelligent, responsible, creative, important and INVOLVED person?
What is the relevance of YOUR work towards protecting mankind from the potential dangers of human curiosity and greed?
Or are YOU also simply a part of the campaign to make it all socially acceptable and commercially viable?

Trevor Batten

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ARS ELECTRONICA FESTIVAL 99
LIFESCIENCE
Linz, Austria, September 04 - 09
http://www.aec.at/lifescience

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against the silence on the net!
artists actions are very necessary to visualize the absurdity of processes like cloning and the invisibility of things happening in microstructures. my favorite imagined action would be to buy lots of sheep and put them on a large public place with the statement this is the first artistic mass cloning. i cloned all these dollys by myself. no one could proove immediately that it could not be possible that i cloned this sheep. but it would make people start a discussion about visibility.
regards and come back to list it is a bit boring to be all alone here

birgit richard

[2
Curly, Larry & PoMo, Nancy Paterson © 1998 Astrolabe
http://www.cgrg.ohio-state.edu/Astrolabe/journal/inaugural/paterson.html
Richard Dawkins, one of the leading thinkers in modern evolutionary biology, introduced the concept of the ’meme’ over 20 years ago in order to point out how Darwinism and natural selection are not necessarily tied to genes, but can work wherever self-replicating code exists. The meme, therefore, was intended to explore the similarities between cultural and genetic evolution - in particular, how ideas, trends and other cultural representations develop and are spread through imitation, by word-of-mouth, and through mass media. The survival of the fittest ideas, transmitted through postmodern culture like disease – is a metaphor which tells us nothing new about biology, intelligence or communication – but a great deal about postmodern culture. Millennial Anxiety, the Jerusalem Syndrome, Intellectual Copyright, the persistence of Charismatic and Apocalyptic Religions, the Human Genome Project, the obligations of the Paparazzi - these describe the state of ethics in postmodern culture – wholesale desperation and chaos. In North America, Instrumentalist theory has replaced phenomenological thinking. The cycle of ’production – distribution – consumption’ no longer merely describes our economic/political system, but is emerging as our new philosophy and psychology. ’Reductionist’ accounts of human behavior diminish individual responsibility in acts of horrific violence by relying on a variety of genetic, chemical or nature-and-nurture explanations. Prozac.Twinkies. Multiple intelligences. The memes are flowing thick and fast.
Significantly, Dawkins’ theory of ’memes’ does not deal adequately with creativity – how ideas originate, how they are developed and improved through processes which are dynamic and unquantifiable. He does not deal at all with the dissemination of ideas through means of complex pattern recognition – intuition, insight and telepathy. If Artificial Intelligence research ever breaks this particular code, there will be no looking back. However, Dawkins is a biologist. He is treading in dangerous, murky waters when his theories attempt to deal with creativity and the communication of ideas.

[3
re-appropriations data bank
Using is a form of making. The way we use things constitutes innumerable
practices of re-appropriating the appropriated space and time. The practices of re-appropriation of properties are unforseeable and
obey an own logic. The trajectories of these practices trace out ruses
of other interests and intentions then other forms of use. Although re-appropriations are an implicit part of property (in the same place
and at the same moment), this kind of "making" is being repressed.

Agency collects in this data bank traces on the "art" of re-appropriating
given property situations, such as nations, cities, work, home, transportation, signs, symbols, language... Properties can vary from real property to intelectual and cultural property. You are able to exchange tactics of re-appropriation by retrieving or storing information.


OUTPUT: search the databank by category or by word.
INPUT: How do you re-appropriate given situations? What tricks do you
use? You may add information to this databank on-line or by mail, telephone,
fax, e-mail,... Datas can be stored as text, drawing, photo,
video or sound material. Agency guarantees your anonymity!


Agency
P.B. 1312
B-1000 Brussels
tel/fax +32-(0)2 2237389

Download document(s): IMG/jpg/code4.jpg, IMG/jpg/code2.jpg

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