From Denmark

Du 23 au 25 novembre un atelier sur l’analyse du discours a été organisé par James Gee au Centre d’Études sur le Discours à Aalborg (Danemark). Vu que beaucoup des questions soulevées pendant cet atelier étaient liées aux thèmes du festival V/J9, Kris Rutten a décidé d’en écrire un rapport sur ce weblog. Ci-dessous une petite description de l’atelier.

Description de l’atelier.
Il a plusieurs méthodes d’analyse du discours qui sont enracinés dans des disciplines différentes. Ce cours concerne des méthodes qui sont en étroite relation entre elles et qui, fondées sur un examen approfondi de la langue utilisée, cherchent à éclairer sa signification et ses implications sur les pratiques sociales, culturelles et politiques. En outre, pendant le cours, on met l’accent sur le fonctionnement du discours dans les institutions, qu’il s’agisse de familles, de communautés, d’écoles, d’universités, d’entreprises, de gouvernements ou de médias.

L’analyse du discours est essentiellement l’analyse de la « langue dans le contexte ». Cette simple déclaration soulève deux questions : qu’est-ce que le « contexte » ? et pourquoi s’en occuper ? La réponse à la première question répond en partie aussi à la seconde.

Pour comprendre un aspect particulier de la langue, nous devons connaître l’identité sociale adoptée par le locuteur (ou par l’auteur) et l’activité sociale que le locuteur (ou l’auteur) pense qu’il ou elle est en train d’accomplir. Par exemple, les mêmes mots prononcés par la même personne peuvent avoir une signification différente si on assume que la personne en question parle en tant que professeur dans une session formelle de consultation ou en tant qu’un ami dans une conversation informelle avant de passer aux « affaires ». « Qui » nous sommes et « ce que » nous faisons, où nous le faisons, ce qui a été déjà dit et fait ainsi que les connaissances et les hypothèses que nous partageons avec ceux avec qui nous communiquons, tout cela fait partie du « contexte ».

La langue dans le contexte a une propriété assez « magique ». Les mots que nous prononçons (ou écrivons) reflètent (sont modelés par, sont déterminés par) le contexte dans lequel nous les prononçons et, à leur tour, ils le créent (modèlent, déterminent). Par exemple, les enseignants des écoles primaires parlent (et agissent) comme ils le font parce qu’ils sont dans des salles de classe et ils sont en train d’enseigner, mais leur salle de classe est une salle de classe et ils sont des enseignants en vertu du fait qu’ils parlent (et agissent) de cette façon. Le « monde » à la fois préexiste et modèle notre manière de parler (et agir) sur lui ; en même temps, il signifie ce qu’il signifie et il est formé comme il est formé parce que nous en parlons (en nous agissons dans et autour de lui) comme nous le faisons.

Alors, pourquoi s’occuper de l’analyse du discours ? Parce que le « contexte » représente en définitive la forme même, la signification et les effets de notre société – les différents rôles sociaux joués par les gens, les identités socialement et culturellement situées qu’ils adoptent, les activités sociales et culturelles dans lesquelles ils ont engagés ainsi que leurs effets cognitifs, sociaux, culturels et politiques. Si le langage à la fois reflète et crée des contextes (sa propriété « magique »), il est aussi une fenêtre unique sur notre société, pour mieux la comprendre (et, éventuellement, la changer). L’analyse du discours n’est pas seulement un outil d’analyse de la langue dans le contexte. Il donne, en fait, un point de vue sur la façon de s’engager dans l’étude de la société, de la culture, des institutions et de la politique (p.e. les sciences sociales).

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